Compte-rendu de la table ronde  Journalistes et chercheurs sur l’islam

             Le lundi 8 avril 2019 de 17h à 19h30. EHESS, salle 13, 105, boulevard Raspail, 75006 Paris

Partenaires organisateurs

Le réseau thématique pluridisciplinaire (RTP) « Islams et chercheurs dans la cité »

Houda Ben Hamouda, Jocelyne Dakhlia, Juliette Galonnier, Mariem Guellouz et Tristan Leperlier

L’Institut Convergences Migrations

Catherine Guilyardi et Perin Emel Yavuz

L’IISMM (Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman)

Hala Jalloul El-Mir et Elise Voguet

Le MENASC (Middle East and North Africa Scientific Community)

Aghiad Ghanem, Nouri Rupert et Sarra Zaied

 

Présentation de la table ronde

Les journalistes et les chercheurs en sciences sociales exercent des métiers similaires (rendre compte de la réalité du monde social) mais le font selon des temporalités et des méthodes différentes. Nous avons souhaité réunir des membres des deux professions pour discuter des réalités et des contraintes de nos métiers et réfléchir aux meilleures façons de travailler ensemble pour que la représentation médiatique de l’islam et des musulmans se rapproche de ce que nous constatons dans nos recherches. Cette table ronde nous a paru nécessaire dans un contexte d’hystérisation du débat public, à un moment où les polémiques se multiplient tandis que la parole des sciences sociales peine à se faire entendre. La séance n’avait pas vocation à être un cours de média training à destination des chercheurs, ni un cours de research training à destination des journalistes. Il ne s’agissait pas non plus d’une conférence sur les représentations médiatiques de l’islam. Nous l’avons plutôt pensé comme un premier moment d’échange et de discussion, qui pourra donner lieu à d’autres rencontres à l’avenir.

 

Cet événement a réuni une cinquantaine de personnes, chercheur.e.s et journalistes, ayant à cœur de dialoguer et de mieux saisir le fonctionnement des champs académique et journalistique. La séance a commencé par sept interventions de journalistes et de chercheur.e.s spécialisés sur l’islam, qui ont permis de poser les termes du débat. Elles et ils sont notamment revenus sur les enjeux de production et de transmission au public d’un savoir sur l’islam et les musulmans. Les membres de l’auditoire ont ensuite pris part à une discussion collective sur les liens entre chercheurs et journalistes. Nous sommes ainsi revenus sur la production de savoir et de contenu sur l’islam dans un contexte difficile, sur la place des chercheurs dans les médias et la légitimité de leur parole, sur les conditions de travail des journalistes sur des sujets sensibles et sur les possibilités de formation et de dialogue. Dans un souci de rendre les échanges accessibles au plus grand nombre, le présent compte-rendu résume chacune des interventions.

Compte-rendu détaillé

 Première table ronde

Animation par Juliette Galonnier (docteure en sociologie, post-doctorante à l’INED)

Intervention de Nadia Marzouki

Nadia Marzouki est chargée de recherche CNRS au CERI à SciencesPo et membre fondatrice du RTP « Islams et chercheurs dans la cité ». Ses recherches examinent les controverses sur l’islam et la liberté religieuse aux Etats-Unis et en Europe, ainsi que les processus de pluralisation du champ religieux au Maghreb. Elle a notamment publié L’islam, une religion américaine ? (Paris, Le Seuil, 2013), traduit et actualisé pour Columbia University Press en 2017. Elle a également codirigé avec Olivier Roy Religious Conversions in the Mediterranean World (Palgrave Macmillan, 2013), et avec Olivier Roy et Duncan McDonnell, Saving the People, How Populists Hijack Religion (Oxford University Press, 2017).

Nadia Marzouki précise que l’ambition de cette table ronde n’est pas de rejouer pour la énième fois la querelle entre médias et chercheurs. L’une des hypothèses de départ du RTP « Islams et chercheurs dans la cité » est qu’il n’y a pas de conflit entre les deux champs. Plutôt que de parler de tensions entre journalistes et chercheurs en général, il faut davantage parler de tension entre un certain type de recherche en sciences sociales et de journalisme d’une part et un certain type de recherche et de journalisme d’autre part.

Certes, la recherche et le journalisme opèrent selon des temporalités différentes. Un doctorant dispose de 5 ans pour explorer un sujet alors qu’un journaliste ne dispose parfois que de 5h. Notre objectif aujourd’hui est de réfléchir ensemble à la manière de parler de l’islam dans un contexte difficile et de poser les bases d’une discussion que nous espérons fructueuse sur les conditions de cette collaboration.

La position du chercheur sur l’« islam » en sciences sociales est difficile à appréhender. Il importe de préciser qu’il n’existe pas de chercheurs « sur l’islam ». Il y a des chercheurs qui travaillent sur des individus, des mouvements, des pratiques, des processus, des idées et qui sont amenés à rencontrer l’islam sur leurs terrains. Mais dès lors que ces chercheurs se positionnent dans l’espace public, ils sont étiquetés en tant que spécialistes de « l’islam » et se transforment alors en « experts », en « témoins », en « porte-paroles », voire en « prophètes ».

Dans ce contexte, les choix qui se présentent aux chercheurs sont principalement négatifs :

  • Ils peuvent choisir de se replier sur la théorie pure en délaissant les terrains empiriques ;
  • Ils peuvent choisir de se replier vers l’ethnographie pure, en se cantonnant à leur pré carré et en adoptant une posture purement descriptive, qui refuse la montée en généralité ;
  • Ils peuvent adopter une attitude pragmatico-cynique qui consiste à répondre aux attentes et à faire des recommandations politiques, c’est-à-dire à se transformer en « experts », ce qui implique souvent de s’éloigner des exigences de rigueur de la recherche.

Comment dès lors continuer notre travail de sciences sociales dans un contexte d’état d’urgence ? C’est cette recherche d’une autre voie qui a conduit à la création du RTP. Il s’agissait de réfléchir ensemble, en incluant notamment les jeunes chercheurs, car cette réflexion ne peut être menée que collectivement et dans la solidarité.

Il faut noter d’emblée l’ambivalence de l’objet « islam ». La difficulté liée à la demande politique et médiatique très forte qui entoure cet objet se double de la difficulté, pour les sciences sociales en général, à appréhender le religieux. Thématiser la question religieuse peut se révéler très acrobatique dans un contexte sécularisé. Michel de Certeau disait par exemple à propos de l’expérience religieuse qu’on ne peut pas en parler en professeur, mais seulement en tant que « voyageur ».

À cela s’ajoutent des débats brûlants, qui sont communs aux chercheurs et aux journalistes : qu’est-ce qu’un terrain ? Qu’est-ce qui constitue une donnée ? Un entretien ? Les débats très vifs qui ont entouré des publications récentes comme Loyautés radicales. L’islam et les « mauvais garçons » de la nation de Fabien Truong (2017), La tentation radicale. Enquête auprès des lycées d’Olivier Galland et Anne Muxel (2018), et Inch’Allah. L’islamisation à visage découvert de Gérard Davet, Fabrice Lhomme et al. (2018) en témoignent. Les controverses et désaccords autour de ces ouvrages montrent que les débats sont transversaux et parcourent tout autant les professions sociologique que journalistique. Il s’agit de débat sur ce que doit être la sociologie ou le journalisme. Fabien Truong, auteur de Loyautés radicales considère ainsi, dans la critique qu’il fait de l’ouvrage Inch’Allah, qu’« enquêter est un chemin où les questions se transforment au fur et à mesure que l’on apprend aussi à se défaire des premières intentions ». Il s’agit donc de savoir se remettre en cause. Notamment lorsqu’on travaille sur « la banlieue » avec l’idée qu’il faudrait chercher des choses qui relèvent du « scoop » plutôt que des pratiques ordinaires et banales.

Pour conclure, Nadia Marzouki a fait trois propositions :

  • La première est de regarder ce qui se fait ailleurs. On reproche souvent aux chercheurs d’être obscurs, compliqués, d’avoir trop de notes de bas de page. Une très belle initiative de collaboration entre journalistes et universités est le projet OpEd aux Etats-Unis. C’est un projet qui vise à encourager les femmes universitaires à écrire davantage dans les médias (notamment des éditos) et qui a produit des résultats très intéressants en termes de dissémination.
  • La deuxième est d’encourager et de continuer à réfléchir à la création de sites, de médias qui traitent spécifiquement de la religion. Ces médias sont en mesure de proposer des choses différentes de ce qu’on entend dans les médias hégémoniques. AOC, De Facto, Saphirnews, etc. sont des nouveaux lieux où chercher des sources de connaissance.
  • La troisième est de prendre conscience de l’avantage de l’Europe par rapport aux Etats-Unis, qui est celui d’une très forte proximité géographique avec le Maghreb. Il est possible de faire entendre ces voix qui sont toutes proches de nous.

Intervention d’Akram Belkaïd

Akram Belkaïd est écrivain et journaliste au Monde diplomatique. Il est également membre du Comité de rédaction d’Orient XXI et chroniqueur au Quotidien d’Oran. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur la France, le monde arabe et l’Algérie en particulier, le dernier en date s’intitulant L’Algérie en 100 questions. Un pays empêché paru le 4 avril 2019.

Akram Belkaïd commence son propos en disant qu’il est arrivé en France en 1995 et qu’il a aussitôt travaillé dans la presse. Il n’a cependant jamais été en charge du suivi de la thématique « islam », ce qui lui a permis une certaine tranquillité d’esprit dans un contexte d’hystérisation certaine. Il a ainsi pu prendre son temps pour traiter d’autres sujets qui l’intéressaient. Il a longtemps travaillé à La Tribune, un quotidien économique et financier qui n’abordait pas l’islam. Il s’est notamment intéressé dans ce cadre à la finance islamique. Nous étions alors dans les années 90, à une époque où il s’agissait d’une activité souterraine, peu connue. Le Royaume-Uni et la Suisse étaient des places fortes de la finance islamique, mais la France beaucoup moins. En traitant de ce sujet, Akram Belkaïd s’est aperçu qu’il fallait aller à l’encontre de certains préjugés, de certaines formes d’ignorance. Il a notamment fallu convaincre qu’il ne s’agissait pas d’un sujet « chaud » et qu’il ne s’agissait pas de parler de financement du terrorisme. Il était pourtant attendu de lui qu’il mette ce label en avant. Il a donc fait le constat d’une méconnaissance, d’une grande confusion, voire d’une volonté délibérée de traiter la question sous l’angle du permis/pas permis ; dangereux/pas dangereux.

Akram Belkaïd a couvert ce sujet pendant une dizaine d’années. Il s’agissait d’un très bon cas d’étude car la finance islamique mettait en exergue la prudence, voire la schizophrénie des pouvoirs publics français. Le gouvernement faisait alors des efforts certains pour promouvoir la finance islamique et attirer les capitaux du Golfe dans les établissements français, en développant des produits dits « charia-compatibles », mais sans en parler. De la même façon, les banques françaises qui proposaient ces produits « halal » ne voulaient pas que leurs clients le sachent. Il en allait de même pour les universités qui proposaient des formations en finance islamique mais souhaitaient maintenir la plus grande discrétion à ce sujet. Il y avait donc une forme de panique générale sur ce thème.

La démarche journalistique au long cours qu’Akram Belkaïd a menée de la fin des années 90 au début des années 2010 a donc permis de révéler trois choses au sujet du traitement de l’islam :

  • Des pressions de la hiérarchie
  • Une injonction à se situer sur le registre de la mise en cause, de la révélation ou de l’accusation
  • Une confrontation à une très grande méconnaissance

Akram Belkaïd a également été pigiste dans la presse généraliste. Il lui est apparu très difficile d’aller à l’encontre des clichés et des idées reçues, et de convaincre les hiérarchies. Un exemple : récemment, le joueur de football Hatem ben Arfa est allé au Maroc dans une confrérie soufie sur invitation du chanteur Abd al Malik. Il a dit que cela avait été une mauvaise expérience. Akram Belkaïd et des collègues ont essayé d’enquêter sur ce fait divers, mais il a été très dur de convaincre les rédactions de s’emparer de ce sujet, qui allait à l’encontre d’une vision positive du soufisme très largement partagée. Il était attendu des journalistes qu’ils se positionnent plutôt sur l’étude de groupes dits « intégristes ».

Akram Belkaïd termine en mentionnant le poids et l’influence de tout un ensemble d’intellectuels islamophobes dans l’espace public français qui font qu’il est très difficile d’avoir une démarche journalistique critique à l’égard de l’islam. Leur prégnance fait que certains sujets qui mériteraient d’être abordés ne le sont pas : car il est préférable de ne pas hurler avec la meute et de ne pas ajouter à l’islamophobie ambiante. Comment faire dès lors pour formuler une critique ?

Intervention d’Anne-Bénédicte Hoffner

Anne-Bénédicte Hoffner est journaliste au service Religions de La Croix, un quotidien catholique, qui traite entre autres de l’actualité religieuse dans le monde, en particulier de l’islam. Elle est l’auteure de nombreux reportages sur l’islam et les musulmans en France et à l’étranger et a récemment publié en 2017 Les nouveaux acteurs de l’islam, un ouvrage qui rassemble des témoignages d’hommes et de femmes musulmans qui inventent de nouvelles façons de vivre leur islam dans différents pays du monde.

Anne-Bénédicte Hoffner explique que La Croix est l’un des seuls quotidiens de France à disposer d’un service Religions, ce qui fait qu’au moins dans son cas, elle ne rencontre pas de difficulté à parler du religieux. Elle mesure la chance qui est la sienne dans le contexte actuel. Le service Religions de La Croix compte dix personnes, dont un correspondant à Rome. Ces personnes traitent toutes de la religion catholique, car La Croix est un journal catholique, et chacune traite en plus d’une autre confession. Elles disposent de temps pour ce faire, peuvent partir à l’étranger, etc. Anne-Bénédicte Hoffner est chargée de suivre l’actualité de l’islam en France et à l’étranger – un très vaste sujet.

Elle souhaite revenir sur les raisons pour lesquelles elle a besoin des chercheurs dans son travail, en prenant un exemple. Elle a récemment travaillé sur un sujet à propos de la spiritualité des musulmans en France. Elle s’est rendue pendant trois jours dans une mosquée du Nord de la France à l’occasion du Ramadan. Elle y a rencontré de nombreux fidèles et a été confrontée à des discours contradictoires, qui ont généré chez elle aussi bien de l’enthousiasme que de la perplexité. Ainsi, un des responsables de la mosquée a précisé que le mois de Ramadan était l’occasion de mobiliser les fidèles autour de la Palestine alors qu’un autre l’a contredit en disant que la mosquée ne faisait pas de politique. Des jeunes femmes très avenantes et dynamiques ont expliqué qu’elles souhaitaient à l’occasion de ce Ramadan porter le voile tout le temps pour que « les portes de l’enfer ne se referment pas sur elles ». L’imam de la mosquée passait beaucoup de temps à répondre aux questions des jeunes, dont certaines provenaient de sites web d’orientation salafiste et qu’il cherchait à déconstruire. Elle a également été conviée à assister au cours dispensé aux nouveaux convertis, une démarche qui lui a paru intéressante, même si le cours lui a semblé décontextualisé, détaché du contexte actuel, intemporel.

En sortant du reportage, elle a eu besoin de faire appel à des chercheurs pour lui expliquer ce qu’elle avait vu et rentrer dans la profondeur historique, géographique, théologique des propos. Elle est revenue de ce reportage avec mille questions sur les discours et les pratiques et avait besoin de réponses pour expliquer au mieux à ses lecteurs le contexte du reportage. Elle s’est donc tournée vers l’IISMM pour rencontrer des chercheurs travaillant sur l’islam en France. Elle recherchait en particulier des chercheurs qui connaissent la tradition, les textes sacrés.

Pour entretenir ce lien avec la recherche, Anne-Bénédicte Hoffner se rend à beaucoup de colloques, stocke des contacts par mots-clés, passe beaucoup de temps sur Google, lit les publications des chercheurs, recense les ouvrages qui paraissent, etc. Elle a aussi développé un intérêt pour les jeunes islamologues musulmans car elle a remarqué chez certains de ses lecteurs une tendance à discréditer les chercheurs non musulmans. Depuis peu, elle s’intéresse aussi à la façon dont les chercheurs musulmans concilient recherche et foi.

Dans l’ensemble, le fait qu’il y ait de moins en moins de journalistes spécialisés constitue un problème. L’économie des médias est un frein à une bonne information sur les religions et l’islam en particulier.

 

Deuxième table ronde

Animation par Catherine Guilyardi (journaliste et réalisatrice, BBC et Radio France, conseillère éditoriale à l’Institut Convergence Migrations)

Intervention d’Aghiad Ghanem

Aghiad Ghanem est doctorant en science politique à SciencesPo/CERI et membre du MENASC. Il est diplômé du Master Recherche en Relations internationales de Sciences Po Paris. Il étudie principalement les questions religieuses en Syrie, en Turquie et au Liban. Il réalise une thèse sur L’internationalisation des communautés alaouites (Syrie, Turquie, Liban) face au conflit syrien, sous la direction de Bayram Balci et Bertrand Badie.

Aghiad Ghanem souhaite revenir sur les conditions de travail des jeunes chercheurs et leurs liens avec les médias. La question se pose aux jeunes chercheurs de savoir si oui ou non ils doivent s’adresser aux médias. Cette question est en fait un dilemme, qu’il souhaiterait exposer. Dans le cadre de ses travaux sur la Syrie, la Turquie et le Liban, Aghiad Ghanem est souvent sollicité par les médias. Il souhaite s’adresser à eux car il aimerait que sa recherche laisse une empreinte sociale et soit utile. Mais il existe aussi des risques à s’engager dans les médias, un sentiment d’incompatibilité, voire un danger.

Aghiad Ghanem revient sur la formulation de cette envie à parler aux médias, qui ne va pas de soi dans le monde de la recherche où domine souvent une mauvaise représentation des médias. A cela s’ajoute une mauvaise image du chercheur qui passe trop de temps sur les plateaux et pas assez à travailler sur sa recherche. Il y a finalement peu de bons exemples de chercheurs en sciences sociales qui ont un rapport équilibré aux médias. Le format de la thèse en 180 secondes est d’ailleurs de façon symptomatique surtout privilégié par les sciences dures.

En dépit de ce désir à s’exprimer dans les médias, lorsqu’il a été contacté par des journalistes, Aghiad Ghanem a jusqu’à présent toujours refusé. Les raisons de son refus sont les suivantes : en tant que chercheur, il a appris à travailler dans la lenteur (slow science), ce qui contraste fortement avec la temporalité de l’actualité. Il a aussi appris à exercer le doute alors que, lorsqu’il est sollicité par les médias, il a l’impression de devoir apporter des réponses claires et tranchées. Enfin, il ressent un problème de légitimité, partagé par de nombreux chercheurs, en raison de la surspécialisation de la recherche. Ainsi il ne se sent pas compétent pour commenter toute l’actualité syrienne, turque ou libanaise et ne voit pas très bien où est sa plus-value sur des sujets très éloignés de son terrain de recherche.

Enfin, il importe de mentionner les risques de la prise de parole médiatique. Dans le cas de recherches en cours, il est possible que ce qui est dit dans les médias se retourne contre le chercheur et mette en péril son accès au terrain. La visibilité médiatique d’un chercheur peut également avoir des répercussions sur les enquêtés, puisque c’est de leurs vies que nos recherches parlent. Il s’agit enfin de parler de l’impact de l’exposition médiatique sur les carrières universitaires, dans un contexte où il est extrêmement difficile d’avoir des postes titulaires.

Intervention de Hanan Ben Rhouma

Hanan Ben Rhouma est journaliste et rédactrice en chef de Saphirnews. Elle est titulaire d’un Master en études européennes et en relations internationales. Créé en 2002, Saphirnews est l’un des médias les plus importants spécialisés sur l’islam et le fait musulman en France. Saphirnews est partenaire de Crosscheck, une plateforme journalistique collaborative lancée en 2017 pour lutter contre la désinformation sur Internet.

Hanan Ben Rhouma remercie les organisateurs pour l’ouverture de cet espace d’échange visant à mieux s’entre connaitre et à bâtir des liens de confiance entre les deux corps de métiers. La rédaction de Saphirnews fait souvent appel à des chercheurs pour décrypter l’actualité. Elle cherche à donner la parole à des chercheurs ou à des profils qui sont peu médiatisés. Par exemple, au moment de l’attentat de Christchurch, Saphirnews a sollicité l’analyse de Stéphane François, chercheur au GSRL. L’appel à l’expertise des chercheurs est une plus-value, qui fait aussi la force de Saphirnews.

Saphirnews a été créé en 2002 à partir du constat que le traitement médiatique du fait musulman était trop anxiogène. Il a été rejoint par Salamnews en 2008, un magazine très largement distribué. La démarche est résolument journalistique : le média est indépendant sur le plan religieux, politique, etc. Il opte pour un travail qui retrace le quotidien des citoyens de confession musulmane ou de culture musulmane, afin de ne pas les enfermer dans une couverture médiatique anxiogène. Cela passe par un travail de terrain et le tissage de liens de longue durée avec les acteurs sur place. L’objectif est de toujours être à jour sur les évolutions des différentes structures. Pour renforcer l’expertise, il est important de toujours renouveler les analyses.

Saphirnews fait appel à des chercheurs avec la conviction que c’est son rôle, voire sa responsabilité de donner à voir des analyses sur les débats polémiques en cours, en vue de restituer la complexité des choses. Mobiliser les chercheurs permet de poser les jalons d’un débat public qui soit le plus serein possible. Les journalistes de Saphirnews sont très attachés à cette sérénité. Ils refusent d’alimenter les polémiques. Ils y répondent à leur façon en continuant à faire leur travail de terrain et en construisant des relations avec des chercheurs, des acteurs, et d’autres journalistes.

Bien sûr le tableau est loin d’être rose. Mais il y a de l’espoir. Saphirnews a contribué à installer un certain nombre de sujets non anxiogènes : sur le Ramadan, sur le Hajj, etc. On remarque aussi de plus en plus de confrères et de consœurs qui font des efforts pour s’intéresser aux questions liées aux religions. Il y a encore des progrès à faire et le défi est d’autant plus grand que le sujet islam a pris beaucoup de place.

Là où le travail du journaliste est essentiel c’est qu’il vulgarise le travail du chercheur, le rend accessible. Hanan Ben Rhouma termine en disant que ce sont surtout les journalistes de Saphirnews qui vont « chercher les chercheurs » et que les chercheurs viennent peu vers eux. Il s’agit de co-construire davantage les relations.

Intervention d’Édouard Zambeaux

Édouard Zambeaux est journaliste, auteur de documentaires et créateur du site Periphéries.fr. Après dix ans de reportages internationaux pour la presse écrite (Historia, VSD, le Figaro Magazine, Grands reportages…), il se tourne vers la radio. Il anime le magazine de société Territoires de jeunesse à Radio France Internationale (2002-2006) puis l’émission Microscopie (2006-2010). En 2005, il crée l’émission Périphéries sur France Inter, qu’il produira et animera pendant douze ans (2005-2017) et qui vise à changer l’image des quartiers périphériques. Lauréat du prix de la Fondation Varenne (en 2006 et 2011) et du prix Stop aux clichés (en 2010), il a reçu en 2018 le Prix Tout Court de la Scam, récompensant les œuvres sonores de format court.

Édouard Zambeaux rappelle le besoin pour les journalistes d’avoir un regard empathique, un regard de curiosité. C’est cette curiosité qui a été perdue car les journalistes n’ont plus ni le temps ni les moyens de l’exercer. Plutôt que des responsabilités individuelles, ce sont plutôt les enjeux structurels qu’il faut pointer.

Édouard Zambeaux ironise en disant qu’en faisant une émission intitulée Périphéries, il a peut-être été relégué au rang de journaliste « périphérique », mais l’avantage est qu’il avait à l’époque toute latitude pour traiter des sujets qu’il voulait. Il validait toutes les diffusions lui-même et ne rendait pas de comptes à sa hiérarchie. Cet enjeu de la liberté des journalistes est crucial.

Nous avons tous un biais, y compris les journalistes. Les journalistes ont besoin de redevenir modestes, de renouer avec une posture de modestie. C’est une question qui concerne la profession toute entière. On souffre aujourd’hui de ce qu’on pourrait appeler un journalisme d’a priori, un journalisme illustratif : on va sur le terrain en allant chercher des faits ou des anecdotes pour illustrer ce que l’on croit savoir.

Cette déconnexion est un problème. Il a fallu que les gilets jaunes apparaissent pour que certains journalistes découvrent qu’une partie de la population a des fins de mois difficiles. C’est d’autant plus surprenant que les journalistes aussi sont dans des positions précaires et menacées.

Il faut que les journalistes respirent le même air que les personnes dont ils parlent. Il y a une aristocratie du journalisme qui envoie des gens sur le terrain pour illustrer ses propres a priori. C’est ce qui explique qu’on ait un traitement médiatique des quartiers populaires sous un angle dangereux, anxiogène, puis que tout d’un coup, on se retrouve avec des injonctions à la « belle histoire », au parcours formidable. On passe ainsi du dangereux au merveilleux, au gré des a priori. Il faut s’interroger sur la technostructure de la profession : les journalistes individuels font du mieux qu’ils peuvent mais ils sont pris dans une lessiveuse. Dans ce contexte, le journaliste va « chercher le chercheur » pour avoir un propos conclusif : quoi en penser ? et puis demain ?

L’enjeu central de nos métiers est le suivant : comment aider les gens à se raconter eux-mêmes ? Il y a une façon de travailler, une façon de poser les questions. Il ne faut pas uniquement donner la parole à ceux qui sont les « bons clients » et qui maîtrisent les codes de la parole médiatique. Il faut travailler à la montée en compétence des gens qu’on interroge, leur donner accès à la parole médiatique. C’est notre travail, c’est notre rôle. Edouard Zambeaux co-dirige par exemple la ZEP, Zone d’expression prioritaire, qui accompagne dans l’écriture des personnes qui se sentent dépossédées de leurs propres récits.

Intervention de Sihame Assbague

Sihame Assbague est journaliste et militante. Porte-parole du collectif « Stop le contrôle au faciès », entrepreneuse sociale, Sihame Assbague se définit comme féministe intersectionnelle et « journaliste par obligation ». Elle contribue au site « Contre-attaque(s) » qui dresse une revue de presse de ce que les médias et les politiques disent de l’islam et des musulmans, en relayant toutes les initiatives locales, nationales et internationales contre l’islamophobie.

Sihame Assbague se présente souvent comme « journaliste par obligation ». Elle a été à l’origine de médias militants comme Contre-attaque(s) et Médiasetcétéra. Elle insiste pour dire qu’il faut aujourd’hui une critique radicale, c’est-à-dire qui va à la racine, de la sphère médiatique, car le racisme dans les médias est structurel. La couverture médiatique sur les quartiers populaires, sur les descendants de l’immigration postcoloniale, sur les musulmans, est inacceptable. Ce constat a été à l’origine de la création de Contre-attaque(s). La dernière plateforme Médiasetcétéra se concentre davantage sur l’analyse des rapports sociaux de race. Elle fait le constat d’un racisme structurel qui parcourt la société, y compris les médias.

L’important est de comprendre qu’il y a des causes structurelles au mauvais traitement de l’islam. Les journalistes, aussi progressistes qu’ils pensent être, ne peuvent pas échapper à l’imaginaire colonial et raciste. Ce n’est pas une question de « bonne volonté » ou de « gentillesse » mais de structure. Quand on voit l’ampleur de l’hypermédiatisation, les paniques morales autour de l’islam et des musulmans, qui partent de petits événements (le hijab Décathlon, etc.) et déclenchent des polémiques racistes, on ne peut y échapper. Il faut décoloniser le journalisme et la recherche en France.

La question du traitement de l’islam ne peut pas se faire sans une analyse de la condition des musulmans et des immigrés et descendants d’immigrés postcoloniaux, d’un point de vue racial et social. Il y a constamment une injonction à l’exemplarité des musulmans, une injonction au progressisme, que les autres communautés religieuses ne subissent pas autant. Dans le contexte actuel, la seule manière d’échapper à un traitement médiatique criminalisant pour les musulmans est de rentrer dans les cases : « musulman et féministe », « musulman et végétarien », « musulman et partisan du dialogue religieux », etc. Ces injonctions doivent être questionnées.

Avoir une critique radicale des médias et de la recherche, c’est aller chercher le terreau, les racines, les raisons de ce traitement. Il faut aussi souligner, car cela n’a pas encore été dit, le très fort problème de diversité dans les médias. La majorité des journalistes de Médiapart à Valeurs actuelles sont blancs. Certes, ces médias ont des postures totalement opposées, mais la blanchité du champ médiatique doit être questionnée avec fermeté.

Discussion collective

Sarra Grira, chercheuse et journaliste sur le MENA

En tant que chercheuse et journaliste, Sarra Grira fait le constat de la difficulté du passage entre le monde de la recherche et le monde du journalisme. Cette difficulté s’exprime dans les deux sens. Il y a plusieurs obstacles à ce passage : les chercheurs qui passent du temps dans les médias sont vus comme peu sérieux. Il y a aussi une forme de condescendance parfois des chercheurs vis-à-vis du travail journalistique (ils demandent à relire les articles avant diffusion, ce qui peut s’apparenter à une forme de censure, etc.).

Quand on parle d’islam, une série de mots très complexes sont souvent employés (salafisme, islamisme, fondamentalisme, etc.) sans que l’on sache véritablement de quoi on parle. Par ailleurs, lorsqu’on travaille sur le monde arabe, il est attendu de nous que l’on traite de religion. Les consœurs et les confrères s’adressent aux journalistes sur le monde arabe comme s’ils étaient des experts en religion, alors que les journalistes sur l’Amérique latine ne sont pas vus comme des spécialistes du catholicisme ou de l’évangélisme !

Huê-Trinh Nguyên, ex-journaliste, formatrice

Journaliste pendant 10 ans, notamment à Saphirnews, et rédactrice en chef de Salamnews, Hue-Trinh Nguyen était notamment chargée des partenariats médias et de la rubrique « froide » dans laquelle on faisait intervenir les chercheurs. Elle est aujourd’hui formatrice au CFPJ (Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes) où elle se spécialise sur la transformation de discours experts en discours non-experts.

De son point de vue, les partenariats entre les médias et les instituts de recherche sont très importants. Saphirnews a établi des partenariats avec le Collège des Bernardins (à chaque séminaire, les chercheurs envoyaient un papier, en se pliant aux normes journalistiques), une réflexion de partenariat est en cours avec l’IISMM, etc. Ce qui importe, c’est la vulgarisation du savoir. Il faut dire aux jeunes chercheurs : « OK pour les états d’âme mais maintenant il faut prendre vos responsabilités ». La nature a horreur du vide. Si on ne prend pas l’espace médiatique, d’autres le prendront. Les chercheurs doivent écrire en faisant confiance aux normes de format imposés par les journalistes. Les journalistes doivent relayer la parole des chercheurs : ça marche, ça a un impact, ça clique.

Les conférences grand public sont centrales. On les mentionne systématiquement sur l’agenda de Saphirnews. Les chercheurs doivent relayer l’information pour donner de la visibilité à leur travail. Il faut aussi former les jeunes chercheurs aux médias et passer au multimédia, avec des formations au digital learning. Sur la question des sites, il faut éviter de multiplier les sites car il y a un risque de dispersion. Agréger une dynamique serait plus efficace.

Enfin il ne faut pas séparer la recherche d’une part et le grand public d’autre part. Les sites avec différentes rubriques permettent de faire des liaisons surprenantes. A Saphirnews la rubrique Psycho rencontre beaucoup de succès mais parfois des gens passent de la rubrique Psycho à la rubrique Débat en cliquant sur un lien. Ça fonctionne très bien.

Latifa Madani, journaliste à l’Humanité dimanche

Latifa Madani rappelle qu’il faut faire attention lorsqu’on parle des médias à ne pas globaliser, à ne pas homogénéiser. Tous les médias ne sont pas les mêmes. De BFM TV à l’Humanité, il y a un monde.

Il faut également faire attention aux glissements de sens entre « musulmans » et « immigrés » et surveiller le langage que l’on emploie.

Enfin il faut insister sur la grande difficulté à aborder ces sujets. Il y a en fait très peu de possibilités de traiter de l’islam en termes religieux. A l’Humanité dimanche, on en parle en termes politiques, économiques, etc. Mais l’islam comme religion n’est pas un en tant que tel. Ou alors seulement en faisant appel à des tribunes, des interviews spécifiques. On préfère donner la parole à quelqu’un d’autre plutôt que de se positionner. Il y a aussi de gros conflits en rédaction lorsqu’on doit traiter de sujets polémiques, comme le voile par exemple.

Patrick Simon, chercheur à l’INED

Patrick Simon dit quelques mots sur son rapport de chercheur avec les journalistes. Dans son expérience, il est rarement contacté pour donner un élément de savoir ou de connaissance. Ce qu’il dit est plutôt interprété comme un « point de vue » par certains journalistes, qui souvent cherchent aussi à le contredire. La recherche en sciences sociales est donc souvent perçue comme une opinion comme une autre, ce qui est problématique.

On s’aperçoit aussi que beaucoup de journalistes ne savent pas ce qu’on fait et n’ont pas lu les publications des chercheurs qu’ils interviewent. Doit-on vraiment raconter une fois de plus, en le synthétisant, des choses que l’on a publiées ailleurs et qui sont accessibles au public ?

Il faut aussi ajouter que des sujets comme l’islam, le racisme etc. sont des sujets difficiles sur lesquels beaucoup de chercheurs ont du mal à s’engager car ils sont coûteux. Beaucoup de collègues sont accusés de sympathies avec leur terrain. Des chercheurs comme Marwan Mohammed par exemple ont été contraints d’arrêter leur terrain sur le milieu carcéral car ils étaient suspectés de proximité avec leurs enquêtés. On ne travaille pas impunément sur un certain nombre de sujets, et l’islam en fait partie. On est toujours pris dans des débats de société.

Dès lors, la simplification à laquelle on nous pousse parfois nous fait perdre la nuance. On apprend à faire des punchlines. C’est la raison pour laquelle Patrick Simon insiste pour systématiquement relire les entretiens qu’il donne à des journalistes, pas dans une logique de censure, mais pour vérifier ce qu’il avance. Sur ce point, il faut que s’établissent des rapports de confiance entre chercheurs et journalistes.

Hala Jalloul – El Mir, responsable de la formation continue de l’IISMM

En plus de l’organisation de manifestations académiques, l’IISMM a pour mission la diffusion des savoirs scientifiques sur l’islam et les mondes musulmans au sens large, auprès du grand public, et auprès de publics professionnels ciblés. L’institut organise ainsi un cycle annuel de conférences publiques, et propose une offre de formation continue auprès de publics extra-universitaires (agents publics, salariés du secteur privé, membres d’association). Un bulletin mensuel, diffusé aux 5000 abonnés de l’Institut, contient l’annonce de nombreuses manifestations scientifiques organisées à Paris et en France sur les thématiques précitées. Grâce à une veille scientifique soutenue, l’IISMM répond déjà de manière informelle, depuis plusieurs années, aux journalistes désireux de se mettre en relation avec des chercheurs spécialisés. L’institut s’étant considérablement développé depuis 2016 (devenu Unité Mixte de Service EHESS-CNRS), nous sommes désormais en mesure de formaliser ce rôle d’interface entre les journalistes et les chercheurs spécialisés sur l’Islam, à condition que les demandes soient formulées dans des délais raisonnables. L’IISMM n’ayant pas de chercheurs affiliés, les chercheurs identifiés comme interlocuteurs potentiels des journalistes, pourront provenir de toutes les unités de recherche en France.

Nadia Marzouki, chercheuse, membre fondatrice du RTP

Nadia Marzouki souhaite conclure sur la nécessité de désexceptionnaliser l’islam. Les anecdotes racontées par Anne-Bénédicte Hoffner dans les mosquées du Nord de la France se retrouvent dans les églises, dans les temples bouddhistes, dans les synagogues, etc. Il faut sortir l’objet islam de son exceptionnalité et prendre au sérieux le comparatisme entre religions.

Nadia Marzouki profite de l’occasion pour convier Akram Belkaïd à une réflexion commune sur les possibilités de la critique du religieux sans alimenter l’islamophobie et sur les marges de manœuvre que peuvent créer les chercheurs et les journalistes sur ce point. Elle invite aussi Edouard Zambeaux à une réflexion commune sur l’écriture en sciences sociales et en journalisme, pour faire éclater les catégories.

 

NB

Ce compte-rendu, issu de notes manuscrites, est nécessairement imparfait.

La rencontre a également fait l’objet d’un fil Twitter sur le compte @ICMigrations. Voir :

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115275192706711554

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115275444343988224

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115276210601439233

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115276835800195074

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115278068791300096

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115280198482694146

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115281082969133056

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115281483030302720

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115283923741941762

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115284566166704128

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115285648691343361

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115286657987641345

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115286900376576002

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115287772611391493

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115288690908119041

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115289678738001920

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115292365479137280

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115293177504829440

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115294638389243904

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115296181108785158

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115296845104865281

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115297739330465792

https://twitter.com/ICMigrations/status/1115303240843845638

Pistes de lecture, pour aller plus loin

Mohamed Ali Adraoui, 2015, « Le chercheur, l’événement et les médias », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, n°138, http://journals.openedition.org/remmm/9264

Moussa Bourekba et l’agence Skoli, 2017, « L’islam, objet médiatique », http://islam-objet-mediatique.fr/#cover

David Douyère et Frédéric Antoine, 2017, « Penser l’entrelacs des religions et des médias », Revue française des sciences de l’information et de la communication, n°13, http://journals.openedition.org/rfsic/3756

Vincent Goulet et Philippe Ponet, 2009, « Journalistes et sociologues », Questions de communication, n°16, http://journals.openedition.org/questionsdecommunication/67

Samuel Hayat et Anton Perdoncin, 2012, « Introduction. Médias et sciences humaines et sociales : collaborations, diffusions, nouveaux formats », Tracés. Revue de Sciences humaines, n°12, http://journals.openedition.org/traces/5526

Anne-Sophie Lamine, 2017, « Médias musulmans : le dynamisme de la nouvelle génération », La Revue des Médias, https://larevuedesmedias.ina.fr/medias-musulmans-le-dynamisme-de-la-nouvelle-generation

Cyril Lemieux, 2012, « Penser autrement la place des sciences sociales dans les médias », Tracés. Revue de Sciences humaines, n°12, http://journals.openedition.org/traces/5527

Marwan Mohammed, 2012, « De la sociologie et du documentaire : retour sur une expérience », Tracés. Revue de Sciences humaines, n°12, http://journals.openedition.org/traces/5528